mardi, juillet 12, 2011

Lectures et réflexions du jour

Tunisie : repenser le tourisme (issu du blog Un Oeil sur la Planète)
Autant sur le constat d'échec tout le monde est plus ou moins d'accord autant sur les choix d'avenir les raisons invoquées pour maintenir ce secteur sous perfusion me paraissent bien trop faibles.
Ce secteur qu'on dit clé est symptomatique des choix économiques (imposés?) du temps de Ben Ali en complète inadéquation avec les aspirations des diplômés et des plus jeunes. Il ne requiert pas une main d'oeuvre qualifiée et coûte aussi très cher à la collectivité en terme écologiques (penser à la consommation d'eau par exemple).
Certains préconisent un tourisme plus ciblé, détaché des circuits traditionnels des tours opérateurs et prenant le Maroc pour exemple. C'est ignorer que le tourisme marocain n'est pas non plus la panachée et la fragilité récente consécutive à l'attentat de Marrakech est la preuve irréfutable du caractère volatil et très dépendant de la conjoncture d'un tel secteur. Que faire alors? Moins investir, accorder moins d'importance à ce secteur, voir l'ignorer afin d'en détourner et les investisseurs (en revenant sur les avantages innombrables accordés) et les chercheurs d'emploi en leur proposant des perspectives d'emploi un peu mieux adaptées et porteuses d'espoir. Tout cela ne sera pas pour demain, et l'urgence de la situation impose de trouver des solutions immédiates aux problèmes de chômage mais se voiler la face et choisir des solutions court termistes revient à se condamner à un immobilisme coupable et une répétition des mêmes schémas d'exclusion et de déclassement. Je ne tiens donc pas absolument à déclasser ce secteur du jour au lendemain mais juste qu'on se souvienne que son existence même n'est qu'un alibi pour en faire moins.

Listes électorales: question légitime posée par Houssein sur son blog qui donne un exemple des difficultés et approximations qui vont entourer le processus électoral qui s'engage. Ceci a le mérite de montrer que l'organisation d'élections en Juillet n'était pas vraiment envisageable et que l'instance présidée par M. Jendoubi avait raison sur ce point. La mobilisation qui entoure les actuelles inscriptions donnera probablement une idée assez précise sur la mobilisation lors des élections elles mêmes et il ne serait pas étonnant de voir beaucoup moins d'inscriptions qu'escompté initialement ce qui invaliderait probablement le scénario de Houssein. A cause des discours quelque peu fatalistes du rien ne va changer qu'on voit notamment à l'oeuvre dans la critique du gouvernement de transition ainsi que du manque d'information sur les différents partis et puis finalement la jungle formée par la centaine de partis politiques en mode génération spontanée, je ne pense pas que le taux de participation sera très élevé (j'espère me tromper).

Procès de Ben Ali : au delà de la mascarade que constitue le procès en lui même, tout ce remue ménage plus médiatique que judiciaire nous prive d'une réflexion sur notre société actuelle et l'impact de la politique de ces dernières années sur nos rapports sociaux et économiques. Je continue en effet à penser que Ben Ali est le père de cette génération de jeunes qui a pris la rue comme un adolescent qui se rebelle et que l'impact de sa politique, de sa personne et surtout du système qu'il a lui même instauré (et Bourguiba avant lui) sont bien plus sournois et dangereux que ce que l'ont pourrait penser. Tomber dans l'angélisme quand on parle de cette génération révoltée c'est oublier l'essentiel et le nécessaire retour à une autorité saine de l'état. Passer du jour au lendemain d'un état corrompu, revanchard et tout puissant à un état creux, vide et sans autorité ne permettra probablement pas de rétablir la sérénité et le respect que tout citoyen doit aux institutions et surtout au droit. Surtout que lorsque la masse prends connaissance de sa force et de la violence qu'elle peut exercer, elle ne lâchera pas le monopole de cette violence légitime à l'état si facilement. C'est de là que le désintérêt pour le vote et la question politique pourraient également prendre racine. Car canaliser cette colère et la mener vers la civilisation plutôt que la barbarie n'est pas une tâche facile. Je dis ça à l'adresse de mes camarades quelque peu gauchistes, qui bardés certes de belles intentions oublient parfois que derrière chaque chômeur, derrière chaque émigré il y a un homme et que Ben Ali lui même était un homme. Alors oui n'oublions pas le RCD et ses notables à juger, prenons le temps de juger l'histoire mais soyons responsables de nos propres agissements.

1 commentaires:

ashdee a dit…

Pour en venir au thème du tourisme, aujourd'hui en France la destination la moins chère (la plus accessible au citoyen de condition sociale peu élevé) est la Tunisie. Personnellement, je n'envisage le voyage qu'avec un contact réel avec le peuple. Il est donc hors de question d'aller ici ou là par l'intermédiaire d'un opérateur pour attérir dans un hôtel dont le nombre d'étoiles ne semblerait outrageux dans mon pays. Sinon, j'aurais l'impression d'aller au zoo, et je ne vais jamais au zoo: j'ai horreur des prisons. Développer le tourisme de cette façon est le bon moyen d'enrichir une poignée, au détriment de l'économie d'un pays.