A voir les dernières réactions, à voir les pseudo débats télévisés, à voir le mot de la rue et le mots à la rue, le temps de la politique est venu en Tunisie. Entre appels incessants au respect des opinions des uns et des autres, communiqués apaisants ou révoltés des différents partis, manœuvres tactiques ici et là, le temps n'est plus à la révolution. Mais voilà que la réalité nous rattrape encore une fois, et le rapport de force fondé sur la violence ressurgit.
Les événements qui ont marqué les derniers jours ont fait prendre conscience à tout un chacun, que la liberté n'est pas acquise et les bribes d'espoirs sont à reconquérir à chaque instant. Car pendant que certains commencent à se pavaner sur le nouveau rôle de locomotive de la Tunisie en matière d'ouverture démocratique, l'hydre remplace ses têtes coupées par d'autres bien plus sournoises.
Le gouvernement de transition puisque c'est encore de lui qu'il s'agit fait étalage de toute sa capacité à réprimer mais a surtout réussi à nous rejouer la sombre partition qu'un certain Ben Ali avait réussi à maîtriser aux premières heures de son règne. Je parle bien sûr de cette peur maladive de l'insécurité qui accable les tunisiens...éternelle vache à lait de tout muselage de la contestation et réponse toute trouvée aux critiques qui fusent sur les méthodes musclées d'une pâle copie du Bourguibisme d'antan.
L'insécurité a le mérite de réveiller cette masse silencieuse que chérissait tant Ghannouchi et de lui faire dire les pires inepties. Mais cela n'est rien à côté de la cristallisation des débats qui s'effectue dès lors que les citoyens se sentent menacés dans leur intégrité. Car le sujet a cela d'exceptionnel qu'il ne peut susciter d'opposition...qui pourrait s'insurger contre la lutte anti-criminalité sans craindre pour son avenir politique?
La question qu'on se pose encore et toujours est celle des aspirations des Tunisiens au lendemain d'un acte révolutionnaire inédit et à la veille d'élections devenues Saint Graal?
Veulent ils instaurer la démocratie? Beaucoup pensent à une démocratie à l'européenne, avec cette sacro-sainte nation française érigée en exemple. Nous avons déjà les médias et leurs grosses ficelles, nous avons déjà les clans d'influence...ne reste plus qu'à trouver deux partis politiques qui focalisent l'attention autour d'eux et le tour est joué. On aura alors le droit de consommer gaiement, de bloguer, de se "cultiver", de s'apitoyer sur le sort des Haïtiens, et puis on se plaindra des largesses du gouvernement envers les chômeurs qui s'est bien connu sont tous des assistés face à ces chefs d'entreprises qui travaillent durement et risquent leur capital et leur réputation pour faire avancer le pays.
Veulent ils l'égalité des chances? La mise à plat d'un système économique fondé sur le jeu d'alliances et autres connivences, le rétablissement d'un système fiscal efficient et redistributif, la destruction de cette économie de l'endettement sélectif où uniquement quelques uns ont accès au financement bancaire de leurs projets, l'abandon du tourisme de masse véritable fléau qui détourne des objectifs de développement et d'émancipation et dilapide les maigres ressources naturelles de ce pays,...Quelques uns peut être mais pas cette majorité silencieuse qui tient tant à ses privilèges durement négociés avec l'ancien régime et qui se complaît dans la passivité politique en échange d'une certaine marge de liberté économique.
Ben Ali et Bourguiba avant lui ont instauré un pacte de stabilité avec la population tunisienne (ou du moins celle qui travaille et n'est pas marginalisée) fondé sur la mise en veille de la fiscalité, les créances douteuses que les banques avalent comme des couleuvres, et puis une certaine malléabilité administrative le tout en échange d'un silence complice contre les atteintes aux libertés fondamentales. Ce pacte a volé en éclats le jour où la grande majorité des jeunes générations s'en est trouvée exclue. Ces jeunes tunisiens qui se sont battus contre l'oppression ne sont pas plus mûrs politiquement que leurs aïeuls, mais ils n'ont juste pas eu la possibilité de rejoindre l'autre bord La révolte tunisienne prend donc la forme d'une cassure sociale plutôt que d'une aspiration démocratique. Beaucoup se sont attelés à vernir cet ouvrage inachevé d'une épaisse couche démocratisante qui serait à elle seule capable d'amener les marginalisés et les exclus du système actuel à une situation bien meilleure. Ce point de vue met donc l'accent sur les élections, les notions de liberté individuelle,etc... et oublie que l'objectif principal devrait être une remise en cause totale des rapports socio-économiques. Ce que très peu de partis ou de citoyens demandent au final.
La démocratie étant par moments la dictature du plus grand nombre nous pouvons oublier dès maintenant le deuxième objectif. Notre seul espoir réside dès lors dans une justice indépendante. Il suffit d'évoquer les tribunaux militaires dont on parle à longueur de journée ces derniers temps pour se rendre compte que l'heure de l'essentielle séparation des pouvoirs -seule véritable garante de la démocratie- n'est toujours pas venue et que la bouée de sauvetage qu'est l'autorité judiciaire est aux abonnés absents.
Les événements qui ont marqué les derniers jours ont fait prendre conscience à tout un chacun, que la liberté n'est pas acquise et les bribes d'espoirs sont à reconquérir à chaque instant. Car pendant que certains commencent à se pavaner sur le nouveau rôle de locomotive de la Tunisie en matière d'ouverture démocratique, l'hydre remplace ses têtes coupées par d'autres bien plus sournoises.
Le gouvernement de transition puisque c'est encore de lui qu'il s'agit fait étalage de toute sa capacité à réprimer mais a surtout réussi à nous rejouer la sombre partition qu'un certain Ben Ali avait réussi à maîtriser aux premières heures de son règne. Je parle bien sûr de cette peur maladive de l'insécurité qui accable les tunisiens...éternelle vache à lait de tout muselage de la contestation et réponse toute trouvée aux critiques qui fusent sur les méthodes musclées d'une pâle copie du Bourguibisme d'antan.
L'insécurité a le mérite de réveiller cette masse silencieuse que chérissait tant Ghannouchi et de lui faire dire les pires inepties. Mais cela n'est rien à côté de la cristallisation des débats qui s'effectue dès lors que les citoyens se sentent menacés dans leur intégrité. Car le sujet a cela d'exceptionnel qu'il ne peut susciter d'opposition...qui pourrait s'insurger contre la lutte anti-criminalité sans craindre pour son avenir politique?
La question qu'on se pose encore et toujours est celle des aspirations des Tunisiens au lendemain d'un acte révolutionnaire inédit et à la veille d'élections devenues Saint Graal?
Veulent ils instaurer la démocratie? Beaucoup pensent à une démocratie à l'européenne, avec cette sacro-sainte nation française érigée en exemple. Nous avons déjà les médias et leurs grosses ficelles, nous avons déjà les clans d'influence...ne reste plus qu'à trouver deux partis politiques qui focalisent l'attention autour d'eux et le tour est joué. On aura alors le droit de consommer gaiement, de bloguer, de se "cultiver", de s'apitoyer sur le sort des Haïtiens, et puis on se plaindra des largesses du gouvernement envers les chômeurs qui s'est bien connu sont tous des assistés face à ces chefs d'entreprises qui travaillent durement et risquent leur capital et leur réputation pour faire avancer le pays.
Veulent ils l'égalité des chances? La mise à plat d'un système économique fondé sur le jeu d'alliances et autres connivences, le rétablissement d'un système fiscal efficient et redistributif, la destruction de cette économie de l'endettement sélectif où uniquement quelques uns ont accès au financement bancaire de leurs projets, l'abandon du tourisme de masse véritable fléau qui détourne des objectifs de développement et d'émancipation et dilapide les maigres ressources naturelles de ce pays,...Quelques uns peut être mais pas cette majorité silencieuse qui tient tant à ses privilèges durement négociés avec l'ancien régime et qui se complaît dans la passivité politique en échange d'une certaine marge de liberté économique.
Ben Ali et Bourguiba avant lui ont instauré un pacte de stabilité avec la population tunisienne (ou du moins celle qui travaille et n'est pas marginalisée) fondé sur la mise en veille de la fiscalité, les créances douteuses que les banques avalent comme des couleuvres, et puis une certaine malléabilité administrative le tout en échange d'un silence complice contre les atteintes aux libertés fondamentales. Ce pacte a volé en éclats le jour où la grande majorité des jeunes générations s'en est trouvée exclue. Ces jeunes tunisiens qui se sont battus contre l'oppression ne sont pas plus mûrs politiquement que leurs aïeuls, mais ils n'ont juste pas eu la possibilité de rejoindre l'autre bord La révolte tunisienne prend donc la forme d'une cassure sociale plutôt que d'une aspiration démocratique. Beaucoup se sont attelés à vernir cet ouvrage inachevé d'une épaisse couche démocratisante qui serait à elle seule capable d'amener les marginalisés et les exclus du système actuel à une situation bien meilleure. Ce point de vue met donc l'accent sur les élections, les notions de liberté individuelle,etc... et oublie que l'objectif principal devrait être une remise en cause totale des rapports socio-économiques. Ce que très peu de partis ou de citoyens demandent au final.
La démocratie étant par moments la dictature du plus grand nombre nous pouvons oublier dès maintenant le deuxième objectif. Notre seul espoir réside dès lors dans une justice indépendante. Il suffit d'évoquer les tribunaux militaires dont on parle à longueur de journée ces derniers temps pour se rendre compte que l'heure de l'essentielle séparation des pouvoirs -seule véritable garante de la démocratie- n'est toujours pas venue et que la bouée de sauvetage qu'est l'autorité judiciaire est aux abonnés absents.
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